8 mars : Journée de la femme

on 07 Mar, 2023
Affichages : 574

Madrid (Espagne), 07/03/2023, Sr. Marta Elena Vélez, Déléguée JPIC Espagne.- "REVES BRISES" sont les traces que le système de violence dans lequel nous vivons au niveau mondial et local laisse dans chaque personne qui compose l'humanité. Chacun d'entre nous, avec ses particularités, fait partie de cette humanité qui semblait avoir "appris de tant de guerres et d'échecs et s'acheminait lentement vers différentes formes d'intégration". L'histoire, cependant, montre des signes de retour en arrière (FT 10,11).

Pour ces dates, nous trouverons sûrement une diversité d'articles et de réflexions sur les femmes autonomes, et mon souhait est de m'adresser à vous, en partageant une situation issue de la réalité de l'Espagne qui me laisse absolument perplexe et choquée. L'augmentation du nombre de femmes assassinées par la violence de genre en décembre a entraîné une augmentation des mesures de protection, et depuis le début de l'année, 10 femmes ont déjà été assassinées par leur partenaire ; en 2022, il y en aura 48 au total. Environ 31 161 femmes sont dans le système Vio-Gen (violence de genre) ; parmi elles, 17 sont à risque extrême et 706 sont à risque élevé avec des mesures de protection renforcées.

La question qui devrait être posée est la suivante : que faisons-nous pour que cette situation ne se répète pas, et pas seulement en Espagne, que faisons-nous de bien et que faisons-nous de mal ? De nombreuses mobilisations et rassemblements pour condamner et dénoncer les meurtres. Outre le cri des pauvres et le cri de la terre, il y a le cri des femmes avec des slogans tels que : "Assez de la violence patriarcale", "On nous veut vivantes", "Pas une de moins", "Plus de femmes assassinées", "Ce ne sont pas des fous, ce sont des assassins". Ces femmes ont besoin d'un logement, d'un emploi, de garanties de sécurité et de la possibilité de rester dans leur environnement ; c'est pourquoi l'ensemble de la société doit être impliqué, car c'est une demande juste que les institutions allouent des ressources pour soulager cette situation criante.

Les écarts d'inégalité sont devenus la plus grande menace et le plus grand défi au niveau mondial. Une autre question est de savoir ce qu'il faut pour faire face à cette inégalité.  Je crois que nous devons nous battre pour la dignité en promouvant un monde où les femmes et les hommes ont la même valeur et où personne n'est laissé de côté. Mais la lutte contre les inégalités n'est possible qu'avec la conviction que l'avenir des inégalités dépend de chacun d'entre nous.

Notre mission est donc d'être là, de marcher, d'écouter là où la vie des femmes crie, d'accueillir leur réalité, de nous impliquer dans des projets qui les rendent dignes et les libèrent, et plus encore, de prendre le risque de dénoncer avec audace toute injustice contre la vie, comme le disait Marie Poussepin. Jésus, dans tant de rencontres avec les femmes, que fait-il ? Il s'approche et aime, et c'est à partir de cet amour que ses gestes deviennent libération, récupération et dignité.

Les femmes ont la capacité de donner la vie, d'écouter, d'attendre, d'accueillir, de recevoir, et de reprendre leur place dans la société. C'est là que nous sommes, en construisant un monde meilleur où nous avons tous la possibilité de réaliser notre charisme, de le déployer et de le partager. Nous sommes de plus en plus conscients, mais nous avons besoin que notre participation soit reconnue dans tous les domaines ; ce n'est pas une tâche facile, c'est pourquoi nous devons unir nos forces, n'oublions pas qu'il y a des changements notables mais il y a encore des frontières et pas des moindres.

La vulnérabilité des femmes doit être regardée avec des yeux très humains, car il y a là de grandes capacités. Le Pape François dit : "Les femmes doivent trouver leur place spécifique, qui n'est pas simplement fonctionnelle", le rôle des femmes ne s'épuise pas dans la fonction, il va au-delà. La vie résiste à la femme infatigable, qui cherche du travail, nettoie les maisons, s'occupe des enfants, mais aussi à des emplois non reconnus dont le revenu est insuffisant pour assurer la vie de la famille. Elles s'efforcent d'être traitées comme des personnes, Elles s'organisent et se mobilisent pour faire valoir leurs droits et avoir accès à une vie meilleure.

Et comment ne pas dire quelques mots sur ce temps de synodalité. L'Église a un visage de femme, regardez votre paroisse, les différents groupes et leur dévouement ; il est nécessaire de rendre visible le travail intense des femmes au sein de l'Église ; mais cela suppose leur intégration et leur participation aux espaces de discernement et de décision. Il est vraiment passionnant de convoquer le Synode car il implique tout le peuple de DIEU, et il est possible de récupérer tant de richesses accumulées et cachées par ce manque de participation. Nous devons faire des efforts pour changer notre mentalité et nous débarrasser de ce sentiment d'uniformité car, dans la synodalité, nous devons aller ensemble mais avec un sentiment d'humilité et de compréhension.

C'est un grand défi pour toutes les femmes. Pour légitimer la participation, nous ne pouvons pas arrêter le travail et la lutte pour la justice entre les sexes.


Notes
Journal 20¨, page de couverture.
Église vivante, 289- 2022 ; p 19.
Vie religieuse, 10, 2022.
Constitutions,  IP p 18.